08 juin 2009
Voutezac : le bourg et l'église Saint-Christophe
La première mention écrite de cet édifice remonte à 934. Il est placé sous le
patronage de saint Jacques le Majeur, peut-être parce que « les Jacquiers » (pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle) faisaient étape à Voutezac.
Pour faire face aux invasions normandes du Xe siècle, le bourg a été fortifié. Un château, des remparts et une église en pierre ont été édifiés.
Au XVIe siècle, lors des guerres de Religion, le bourg de Voutezac a été en partie détruit et l'église ravagée par un incendie en 1587. Les protestants qui tenaient les campagnes et le bourg, ont été définitivement chassés en 1588. En représailles, le château de Voutezac a été rasé.
L'église a été pillée durant la Révolution. Ces dégradations ajoutées à sa vétusté ont provoqué sa fermeture en 1806. Plusieurs phases de restauration se sont succédé au XIXe siècle, puis en 1987 et 1993.
Actuellement, l'édifice présente un clocher-tour de 26 m de hauteur flanqué de deux contreforts. La nef voutée en arc surbaissé se prolonge par le chœur fermé d'un mur plat. Deux chapelles ouvrent sur la nef. Elles sont voûtées sur croisées d'ogives et seraient datées selon l'abbé Echamel de 1673. Une litre funéraire (bandeau noir peint en signe de deuil) porte les armoiries des de Lasteyrie du Saillant, des Comborn ou des de Sahuguet, seigneurs de Voutezac.
Une frise des XVIe-XVIIe siècles orne les murs de la nef.
L'intérieur de cette église présente des éléments de mobilier particulièrement intéressants :
- l'ensemble du retable, fin XVIIe siècle, classé au titre des monuments historiques,
- un groupe sculpté, saint Roch, l'ange et le chien (XVIIe), inscrit au titre des monuments historiques.
20 mai 2009
Vigeois : les fouilles de l'abbatiale
Lors des travaux de restauration, des fouilles effectuées en 1993 près du chevet de l'abbatiale ont mis au jour une nécropole qui s'étendait à l'est (derrière le chevet, du côté de la mairie), un four à cloche et les vestiges d'un grand bâtiment (peut-être la maison abbatiale).
Des sarcophages trapézoïdaux en calcaire (du VIe siècle au VIIIe siècle) ont été découverts ainsi que des caissons aux parois en pierres sèches (entre le XIIe siècle et le XIVe siècle) et d'autres sépultures en pleine terre.
Cet ensemble témoigne de l'existence d'une nécropole associée à un édifice cultuel ancien. Aucun mobilier funéraire ne permet de dater précisément ces sépultures.
Certains de ces sarcophages sont aujourd'hui présentés dans la chapelle du transept nord.
07 mai 2009
Ussac : l'église Saint-Julien
Inscrite au titre des monuments historiques en 1963.
La première mention manuscrite de la paroisse d’Ussac (parrecia de Ulciaco) remonte au Xe siècle.
L'église présente une nef unique, prolongée par une abside polygonale. Plusieurs chapelles ouvrent sur la nef.
Le portail nord en arc plein cintre est caractéristique de l'art roman limousin : les colonnes qui supportent des chapiteaux formant frise, sont prolongées par un boudin de diamètre équivalent. La maçonnerie est ici en grès rouge et gris.
Par contre, la façade occidentale est construite en grès jaune. Une restauration explique cette différence : à la suite des dégradations subies par l'église lors des guerres de Religion, cette partie a été reconstruite au XVIIe siècle. Le portail présente lui aussi le style caractéristique de cette époque avec des pilastres.
Le clocher, détruit par la foudre en 1902, a été rebâti sans le clocheton d'origine.
L’église a été entièrement restaurée de 1931 à 1933 et les joints des murs ont été refaits en 1996.
A l'intérieur, la nef est couverte d'une voûte sur croisée d'ogives. On remarque la présence des armes de la famille de Lasteyrie sur la clé de voûte du chœur.
L'église conserve un intéressant mobilier des XVIIe et XVIIIe siècles, inscrit au titre des monuments historiques :
- statue de saint Jean-Baptiste,
- statue de la Vierge à l'enfant,
- aigle lutrin,
- bustes reliquaires de saint Jean-Baptiste et saint Julien-de-Brioude,
- tabernacle à ailes.
20 avril 2009
Saint-Viance : L'ancien port et le lavoir
Au début du XVIIIe siècle, la Vézère, dans cette partie de son cours, était une voie navigable. Comme aucun pont n’existait, des bacs permettaient de la traverser et de rejoindre les routes passagères qui la longent. Saint-Viance était alors l’un des ports à péage qui desservaient la route Angoulême-Thiviers-Tulle. Le bac était une longue barque ou « Nau », de 9 m de long et de 3 m de large, pouvant transporter jusqu’à 25 personnes ou 6 gros animaux.
Vers 1800, l’activité importante du port a favorisé l’implantation à proximité des maisons, des ateliers et des commerces (auberge, forge, tisserands, menuisiers, etc). Cependant, suite à la construction du pont en 1870, l’activité portuaire s’est peu à peu éteinte et le bourg a continué à se développer vers l’église.
En 1913, à côté du port, un lavoir a été construit, d’abord en plein air. Les lavandières se plaignant d’être exposées aux intempéries, il a été couvert et muré sur deux côtés.
17 avril 2009
Sadroc : La butte et l'église Saint-Pierre
Appelé repaire puis castrum au XIVe siècle, Sadroc est le chef lieu d’une des quatre châtellenies de l’évêque de Limoges en Bas Limousin. Le castrum, certainement fortifié par des enceintes successives, protégeait l’église Saint-Pierre, les maisons, les hôtels nobles ainsi qu’une tour.
Au pied du bourg est aménagé un étang avec droits seigneuriaux et chaussée maçonnée servant de voie publique.
L'évêque de Limoges déléguait en partie ses pouvoirs à des seigneurs locaux et à des capitaines qui lui rendaient l'hommage. Il resta propriétaire foncier jusqu’à la Révolution.
En tant que site fortifié, Sadroc fut de nombreuses fois convoité. En 1352, l’évêque Jean de Cros fit d’importantes dépenses afin de protéger le château contre les attaques anglaises. En 1590, lors des guerres de Religion, Sadroc occupé par les huguenots se rendit à Anne de Lévis, gouverneur du Bas Limousin, qui l’attaqua aux canons.
L'église dépend de l’abbaye de Tulle dès le début du XIIe siècle, propriété confirmée par une bulle du pape Adrien IV. Elle est à nef unique et son chevet est à cinq pans. La nef est flanquée de deux chapelles (au nord et au sud) du XVe siècle. L’escalier intra muros du clocher abrite deux baies du XIIe ou du XIIIe siècle aujourd’hui condamnées par les réaménagements au XIXe siècle avec notamment l’ajout de contreforts. Le chœur est équipé d’une chaire et d’une table de communion, classées au titre des monuments historiques.
La paroisse de Saint-Bonnet-l'Enfantier a été annexée en 1498 à celle de Sadroc. Elle est ainsi parfois nommée Saint-Bonnet de Sadran.
Le bourg de Sadroc conserve encore aujourd’hui un hôtel noble du XVe siècle composé d’une tour quadrangulaire abritant un escalier en vis contre laquelle est venu s’adosser un pavillon au XIXe siècle.
Un imposant logis a été aménagé au nord en contrebas de l’église au XVIIIe siècle. Il ne reste aujourd’hui du quadrilatère présent sur le cadastre de 1810 que l’aile nord-est qui a subi de nombreux remaniements aux XIXe et XXe siècles.
10 avril 2009
Perpezac-le-Noir : Le village du Bigeardel
Ce site a été occupé très tôt. Les textes anciens mentionnent à cet endroit des villages dont la trace a disparu aujourd’hui : Senaillac le Vieux, Senaillac Ruchou et La Renaudie. Ces toponymes se rencontrent dans les actes jusqu’au XVIIIe siècle.
A 200 mètres en contrebas du château, en même temps que le domaine des Plaisant de Bouchiat prenait de l’importance, le village du Bigeardel s’est créé et s’est étendu : il est resté une dépendance du château jusqu’au début du XXe siècle.
Dans le fond du village, la partie la plus ancienne garde des vestiges du XVIe siècle. Le linteau d’une maison portant la date de 1580 est encore visible dans le mur de façade d’une demeure récente. De nombreux bâtiments anciens conservent des montants de pierre empruntés à des édifices antérieurs.
Dans la partie la plus récente du village plusieurs unités d’habitat s’organisent de manière classique autour d’un puits.
Le village du Bigeardel était peuplé par les nombreux serviteurs et paysans nécessaires à l’entretien du domaine du Chevalier. Ils occupaient des logis exigus attenants à des bâtiments agricoles souvent en torchis. Le cadastre de 1827 fait apparaître autour des maisons une densité de jardins remarquable comparativement aux autres hameaux de Perpezac.
Au village, vivaient aussi des assistants du seigneur dans la gestion de son domaine : une maison dont la porte présente un linteau sculpté d’un écu a été longtemps appelée « la maison du garde ». Il ne subsiste qu’une moitié de la demeure originelle, mais celle-ci garde les caractéristiques d’une maison de maître.
Le village se trouvait sur un chemin empierré très fréquenté, le chemin du Puy Noir. Il reliait le château à la route qui passait au Bariolet.
Actuellement encore, on distingue deux villages : le Bigeardel Haut autour du château et le Bigeardel Bas.
23 mars 2009
Orgnac-sur-Vézère : le pont et le moulin de Comborn
Ce pont construit à l’extrémité de l’éperon, permettait l’accès au castrum de Comborn. Il n'en reste que les deux culées de chaque côté de la Vézère, maçonnées avec du granite et des galets de rivière.
Il comportait trois arches et deux piles : une première sur une île, une seconde sur un rocher aménagé. On suppose qu’il a été construit à l’emplacement d’un gué.
Le tablier a été détruit au XIXe siècle et la traversée assurée par des bacs.
En 1894 un nouveau pont a été construit en contrebas, à un endroit où le lit est plus large.
Le complexe hydraulique de Comborn se compose d’une digue, d’un canal et d’un moulin. La digue se situe en amont de l’ancien pont. Elle se présente en oblique par rapport au lit de la Vézère. Elle permettait d’alimenter le moulin par le biais du canal d’amenée. Il est maçonné et longe la Vézère depuis l'ancien pont.
L'eau empruntait les trois douves encore conservées et passait sous le moulin ; elle actionnait trois roues horizontales à godets qui entraînaient trois paires de meules. Le bâtiment a été agrandi à la période moderne en utilisant des pierres du château déjà en ruines, notamment celles de la tour à escalier du XVe siècle.
11 mars 2009
Donzenac : la Chapelle des Pénitents
Inscrite au titre des monuments historiques en 1967.
La création d'une confrérie de Pénitents Blancs à Donzenac est confirmée par une bulle papale de Clément X en 1670. Les confrères, majoritairement laïcs, doivent aide et assistance aux indigents et aux autres membres.
L'édifice et son mobilier ont été entièrement restaurés entre 1973 et 1988.
Ils organisent des cérémonies religieuses et des processions pendant lesquelles les hommes portent une longue tunique blanche à capuchon.
Après sept années d’inconfort dans la chapelle Saint-Pierre de l’église paroissiale, les Pénitents décident d’acquérir et de transformer les ruines de l'ancien hôtel noble dit de La Robertie. Cet hôtel, l'actuelle chapelle, est situé en bordure de la place publique à laquelle il a donné son nom : place de La Robertie, dans le quartier qui s'est développé autour du castrum originel du seigneur.
Implanté en limite d’enceinte, l’hôtel de La Robertie a été construit au début du XIVe siècle. Cette résidence aristocratique était composée d’un grand volume unique, la « salle », ainsi que de quelques annexes (latrines, garde-robes...) incluses dans des tourelles.
Le pignon sud conserve, sur la vallée, une tour du XIVe siècle transformée en clocher. Le portail d’entrée est percé lors de l'aménagement en chapelle ; au-dessus, une niche à coquille protège la statue de saint Jean-Baptiste, patron de la confrérie et vocable de la chapelle. Cette statue du XVIIe siècle est inscrite au titre des monuments historiques.
L’intérieur du bâtiment médiéval a été modifié par la suppression des planchers intermédiaires. Les bas-côtés sont reliés entre eux par une tribune de bois dominant la nef. Le plafond est décoré de caissons en bois moulurés et peints.
04 mars 2009
Allassac : le Manoir des Tours
Inscrit au titre des monuments historiques en 1993.
Il est caractéristique des manoirs construits aux XVIe et XVIIe siècles dans le Bas-Limousin.
Il a été bâti vers la fin du XVIe siècle dans l'ancien faubourg de la Font Saint-Martin qui se développa le long de l'ancienne route Allassac - Donzenac, aujourd'hui rue de la Grande-Fontaine.
Sa construction a nécessité le déplacement du ruisseau dit de la Grande-Fontaine ainsi qu'un important drainage du terrain.
L'édifice comportait deux corps de logis en équerre flanqués de deux tours. L'aile nord qui donnait sur la rue de la Grande-Fontaine a été détruite pour des raisons de sécurité.
La plus petite des deux tours abrite un escalier de pierre en vis permettant l'accès aux étages. La plus imposante était habitable sur deux niveaux.
A l'origine le manoir ne possédait pas d'ouverture au rez-de-chaussée à l'exception d'une étroite fenêtre sur la façade est et de la porte de la petite tour.
A la fin du XVIIIe siècle des travaux importants ont modifié l'ensemble du bâtiment : les plafonds ont été surélevés, des portes et des fenêtres ont été percées vers le jardin. Ces dernières sont en arc segmentaire au rez-de-chaussée.
En 1885 le manoir devint propriété de l'évêché de Tulle qui y installa une école congréganiste libre des Frères des écoles chrétiennes.
Au début des années 1990 la commune d'Allassac acquiert le bâtiment et le sauve de la ruine. La toiture très endommagée est restaurée en 1994 par un compagnon couvreur (couverture en ardoise du pays, posée sur volige). Les façades font également à la même période l'objet d'un ravalement. Les huisseries (portes et fenêtres) d'origine ont pour la plupart disparus, ils sont également remplacés.
23 février 2009
Voutezac : le site et le pont du Saillant
Le pont a été inscrit au titre des monuments historiques en 1969. 
Le village du Saillant, autrefois dénommé Orbaciac, est mentionné pour la première fois en 876 lors de sa donation par le roi Charles le Chauve à Rodolphe de Turenne, fondateur de l'abbaye de Beaulieu-sur-Dordogne.
Dès la fin du XIIe siècle, le village dépend de l'évêché de Limoges, l'abbaye l'ayant échangé contre l'église de Tudeils, plus proche.
Le village se situe sur un territoire convoité pour sa culture de la vigne. Celle-ci a laissé son empreinte sur l'architecture et le paysage : maisons de vignerons avec escalier extérieur et cave au rez-de-chaussée, terrasses de vigne marquant les coteaux de la Bontat orientés au sud-ouest. Le village a été profondément modifié et restauré depuis la fin du XIXe siècle. Cependant, certaines maisons de la rue principale conservent leur escalier extérieur.
Le pont qui enjambe la Vézère relie les deux parties du village du Saillant séparées par le cours d'eau. Construit en pierre d'ardoise à l'époque médiévale, il présente à l'amont des avant-becs destinés à briser le courant, comme les ponts de Treignac ou de Vigeois.
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